Mission Samoyède

Blog consacré à la Mission Samoyède (1940-1945) et à son initiateur, le Baron Paul-M.G. LÉVY (1910-2002)

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2005/11/03

03/16 - Paul-M.G. Lévy : l'amour est plus fort que tout !

La présente biographie du baron Paul-M.G. Lévy s'est très largement inspirée du dossier de MM. Janick Guillemain et Luc Henriet paru dans la revue "Rotary Contact" (n° 225 – décembre 2001) et de l'article "Hommage de la Ville de Gembloux à notre président d'honneur Paul-M.G. Lévy" écrit dans le bulletin du Cercle Art et Histoire de Gembloux et environs" (tome II – 1987 – n° 30).

Paul, Michel, Gabriel Lévy est né à Ixelles le 27 novembre 1910.

Avec en poche un diplôme d'ingénieur commercial (1931) et une licence en sciences économiques (1932) de l'Université libre de Bruxelles, il débute sa carrière profesionnelle comme chargé de cours de statistiques à l'Ecole des Hautes Etudes à Gand, puis à l'Ecole d'Ergologie à Bruxelles. Il deviendra par la suite membre (1939) et vice-président (1976) de la Commission centrale de statistique.

En 1933, il est engagé à l'Institut national de radiodiffusion (I.N.R.) comme rédacteur au journal parlé, puis reporter et chef du service des informations. C'est l'époque "héroïque" des débuts des journaux radiophoniques.

Après la campagne de mai 1940, il refuse de rester à la radio pour les nazis. Il est incarcéré à la prison de Saint-Gilles, puis au fort de Breendonk, devenu camp de concentration. Cette période dramatique de sa vie lui inspire plusieurs ouvrages : l'un est consacré à "Héros et Martyrs, les Fusillés" ; un autre au fort de Breendonk et, en 1985, "Le défi", une évocation poignante de sa captivité et des méditations qu'elle lui inspira.

Relâché en novembre 1941, il rejoint bientôt Londres et reprend la lutte à la BBC où, privilégié par une voix forte et sonore, il soutient le moral de nos compatriotes par ses mémorables éditoriaux.

Après le débarquement, il revient sur le continent comme correspondant de guerre auprès des troupes alliées. Il couvre la Campagne des Ardennes, qu'il évoquera plus tard dans un livre "Les heures rouges des Ardennes". En 1945, il participe à la libération de Dachau et est le premier journaliste occidental à Berlin.

Dans l'immédiate après-guerre et après un détour par la politique – il sera en 1946 l'unique élu député de l'éphémère "Union démocratique belge" -, Paul Lévy aura à cœur de rechercher les disparus du conflit. Il soutiendra aussi inlassablement dans ses œuvres le R. P. Pire, futur prix Nobel et créateur de l'Université de la Paix à Tihange.

En 1949, après un retour à la radio belge, Paul Lévy est nommé directeur de l'information du Conseil de l'Europe à Starsbourg. Pendant 17 ans, il contribuera à développer l'idée européenne qui lui tient à cœur. C'est ainsi qu'il concevra et proposera le drapeau européen, qu'il voult symbole de perfection et de plénitude.

E, 1966, il est nommé professeur à l'Université de Strasbourg, et deux ans plus tard, à l'Université Catholique de Louvain (U.C.L.), où il enseignera la sociologie de la paix et de la guerre. C'est à l'U.C.L. qu'il termine sa carrière académique comme professeur émérite après y avoir été le doyen de la Faculté des Sciences économiques, sociales et politiques.

Paul Lévy a collaboré au cours de toutes ces années à des journaux de diverses opinions : on trouve sa signature dans Le Soir, De Volksgazet, La Wallonie, La Cité Nouvelle, Vers l'Avenir, La Nouvelle Gazette, Le Monde, etc. Souvent, on a vu Paul Lévy parmi ses jeunes collègues des médias, comme témoin de l'Histoire, lorsque ces derniers s'affairaient contre l'oubli.

De nombreux titres et distinctions honorifiques civiles et militaires sont venus émailler le parcours de la vie exemplaire de Paul Lévy : citoyen d'honneur des villes de Gembloux et de Brumah, président du Mémorial national du Fort de Breendonk, Grand Officier de l'Ordre de Léopold à titre militaire, décoré de la Croix du prisonnier politique de la guerre 40-45, de la Croix des évadés, de la médaille du volontaire de guerre et de la médaille de la Résistance 1940-1945. En juin 2000, il fut anobli au titre de baron par le roi Albert II en hommage à ses mérites de grand résistant, de professeur émérite, de sa présidence du Mémorial de Breendonk et de son action en faveur de l'unification européenne.

Paul Lévy était aussi le président d'honneur du Cercle Royal "Art et Histoire" de Gembloux, sa commune d'adoption.

Ses amis rotariens l'ont appelé en 1981-1982 au poste de Gouverneur du district 2170 du Rotary International. Le Rotary Club de Gembloux a été très fier de pouvoir lui remettre en 2000 la distinction Paul Harris Fellow "One Star", notamment pour son acharnement à la défense de la liberté qui fut son cheval de bataille tout au long de sa vie.

Paul Lévy a choisi comme devise sur les armoiries de son blason la phrase "Amor omnia vincit". Ces trois mots définissent mieux qu'un long discours la personnalité de cet homme remarquable.

Paul Lévy est décédé à Sainte-Ode le 16 août 2002.


Armoiries du baron Paul Lévy :

"Coupé, au 1 de sable à une grille d'argent, chargée d'un lion issant d'or, armé et lampassé de gueules ; au 2 de gueules à un fort de Breendonk d'argent. L'écu sommé d'une couronne de baron, surmonté d'un heaume d'argent, couronné, grillé, colleté et liseré d'or, doublé et attaché de gueules, aux lambrequins de sable doublés d'or. Cimier : une colombe issante et essorante d'argent tenant en son bec un rameau d'olivier de sinopie. Devise : amor omnia vincit en lettres d'or sur un listel de sable. Supports : deux lions de gueules, armés et lampassés d'or."

Textes et photos extraits du

Bulletin du Cercle royal 'Art et Histoire' de Gembloux - n° 34/2002