Mission Samoyède

Blog consacré à la Mission Samoyède (1940-1945) et à son initiateur, le Baron Paul-M.G. LÉVY (1910-2002)

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2005/10/25

Un devoir de mémoire : la Mission Samoyède ?

Exposé de Georges HUBERT, membre RUSRA Namur, et dernier membre survivant de la Mission Samoyède, à l'occasion de l'Assemblée Générale Statutaire de la Royale Union des Services de Renseignement et d'Action, section provinciale de Namur, le 26 février 2004.


Je vous dis d'abord toute ma joie de me retrouver parmi des camarades de combat et de vous entretenir de la Mission Samoyède.

Mais d'abord une légère précision : je suis le Président de l'Amicale des Anciens Combattants de l'I.N.R. (Institut National de Radiodiffusion) et de la N.I.R. (son côté flamand).

Samoyède est un nom de code qui évoque celui d'une population mongole, éleveuses de rennes, habitant les régions du cours inférieur de l' Ol et de la presqu'île de Taïmyr dans l'arctique sibérien. Le nom fut inspiré aux services secrets anglais à la vue des traits faciaux et surtout des yeux légèrement bridés de celui qui allait être sacré Samoyède n° 1, Freddy Veldekens.

Qui était Freddy Veldekens ? En mai 40, il conduit une plantation au Nord de l'île de Sumatra. En juin 41, il débarque à Liverpool. Il s'aperçoit que l'Angleterre n'est pas un rêve : sécurité, police, interrogations. Les étrangers sont filtrés. Finalement, il fait son entrée dans le Political Warfare Executive et reçoit des cours de combattant actif. Le 5 mars 43, il reçoit une proposition de parachutage en Belgique. Il devra s'occuper de radio, de presse et de cinéma. Il ignore encore à ce moment ce qui s'est tramé en Belgique entre Paul Levy, François Landrain, Frans Mertens et les autres. Mais avec son ordre de mission, on lui donne une liste de noms de personnes qu'il doit contacter en Belgique.

Le premier, c'est François Landrain, Directeur Technique de Radio Schaerbeek d'avant-guerre. Homme de confiance de Paul Levy, 1er Reporter à l'I.N.R., qu'il a rencontré à Ostende en pleine débâcle en 40. Ensemble, ils ont discuté et mis au point un plan pour la résurrection de la radio en Belgique. Ils sont bien d'accord. La Belgique ne sera pas libérée d'une traite. Il faut un émetteur par province. Paul Lévy qui est parvenu à Londres triomphe : c'est son idée, tant de fois ruminée sur les routes de l'exode, à la prison de St Gilles, à Breendonk, dans son évasion et en Angleterre. Il devient ainsi fondateur de Samoyède.

Le parachutage est réussi. Les contacts sont pris. François Landrain, l'artisan de l'impossible, peut commencer le recrutement des responsables, choisir les emplacements d'émetteur, les faire construire et prêts à fonctionner le jour "J". Cette extraordinaire entreprise clandestine, unique en son genre pour tous les pays occupés permit la création des émetteurs clandestins de Bruxelles, Liège, Houdeng, Tamines, Anvers, Gand et Courtrai. Celui de la région de Hasselt-Diest ne put fonctionner par suite de la déportation et de l'exécution en camp de concentration du responsable technique.

De Tamines, le 5 septembre 1944 à 18 heures précises on pouvait entendre dans le poste (comme on disait à l'époque) :
Allo, Allo, … Ici la Radio Nationale Belge, émetteur de la région de Namur. Vous entendez en ce moment une émission de la R.N.B., émetteur de la région de Namur, sur une longueur d'onde de 205 m. Cet émetteur a été préparé clandestinement pendant l'occupation allemande par une mission de guerre sur ordre du gouvernement belge et des autorités militaires en Grande Bretagne, pour assurer un service de radiodiffusion dès le départ de l'occupant et établir un contact immédiat entre les autorités civiles et militaires et la population belge. En suite d'un accord intervenu à Londres entre le gouvernement belge et le Commandant Suprême Allié, seuls les émetteurs de la Radio Belge sont autorisés à fonctionner en territoire libéré.

Mission accomplie. Cette "Radio de la Liberté" grandira et deviendra "Le Centre de Production de Namur Luxembourg Brabant Wallon de l'avenue Golenvaux …

Cependant les namurois doivent savoir que dès juillet 1943 des rencontres secrètes ont lieu à l'Hôtel Ambassador entre François Landrain que nous connaissons, Pierre Clerdent (qui allait devenir Président du Conseil National de la Résistance) nommé par Londres en mars 1943 directeur de la Radio Nationale Belge en Territoire occupé, et Edmond Gravier, namurois, chef provincial de l'Armée de la Libération.

L'émetteur doit être construit à Namur. Mais, le bourgmestre Huart, informé en secret, pour de multiples raisons de sécurité, souhaitera qu'il soit installé hors ville. Voilà comment Tamines devint le berceau du "poste" clandestin.

En quelques coups d'aile, c'est le survol de cette histoire fantastique à laquelle j'ai participé, moi, le jeune Georges HUBERT.-